Introduction
Web sémantique, entre mythe et réalité…
Web 3.0, Web de données, Linked Data, Linked Open Data (LOD)… Nombreux sont aujourd’hui les termes que l’on associe à ce qu’on appelle plus communément le « Web sémantique ». Ce constat est tout aussi révélateur de l’engouement et de l’intérêt que suscite ce phénomène que de la confusion qui règne autour de sa mise en œuvre. Comme toute grande avancée technologique, le Web sémantique éveille à la fois craintes et fantasmes. De la boîte de Pandore à la Tour de Babel en passant par les dernières conceptions de l’intelligence artificielle, les grands mythes associés aux développements des sciences de l’informatique et du Web sont à la mesure du vertige que suscite, auprès du grand public, la confrontation entre l’infinité des possibilités offertes par ces nouveaux outils et la complexité des supports et des langages techniques qu’ils impliquent.
Si nous avons conçu ce blog, dans l’idée d’offrir une navigation affranchie des contraintes hiérarchiques, notre réflexion s’est néanmoins construite autour d’une logique directrice que nous souhaitions tout de même expliciter. En effet, avant de s’intéresser plus spécifiquement à l’intérêt que présente le Web sémantique pour les bibliothèques, il nous a donc paru essentiel de revenir sur un certain nombre de concepts relatifs au web sémantique lui-même, pour comprendre les raisons de ces évolutions, le contexte et la démarche dans lesquels il s’inscrit, les acteurs qui contribuent à son développement et surtout les enjeux qu’il sous-tend pour la communauté des internautes dont participent aujourd’hui les bibliothèques, en tant que consommateurs de données mais aussi, de plus en plus, en tant que producteurs.
Comme le soulignait Emmanuelle Bermès dans un article de la revue Arabesque [1], produire et échanger en ligne des données structurées et normalisées, est une des vocations premières du Web sémantique qui semble répondre parfaitement aux besoins des bibliothèques. Mais cette démarche implique néanmoins un effort de réflexion de la part des bibliothèques sur leurs propres données et d’adaptation aux nouveaux standards et formats du Web, dont la normalisation ne pouvaient paradoxalement se faire sans que soient préalablement disponibles d’importantes masses de données, comme celles des bibliothèques par exemple. Grâce à certaines initiatives comme le Linking open data, on assiste depuis la deuxième moitié des années 2000 à un retournement de ce cercle vicieux en cercle vertueux au sein duquel bibliothèques et Web de données s’entretiennent autour d’une démarche et d’intérêts communs. C’est ce que nous allons essayer de mettre en lumière à travers ce blog.
Plan du site
- … Et une mutualisation des ressources
- En attendant un cadre juridique à la mesure du cyberespace
- Lois nationales, textes communautaires, accords internationaux : quelle législation appliquer?
- Dispositions communautaires et françaises applicables à Internet
- Web sémantique et législation française : les points sensibles
- Quels freins en bibliothèque ?
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[1] E. Bermès, « Vers le Web sémantique ? Les bibliothèques face aux normes du web », Arabesque, n°62, juin 2011
